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De Sofia en Chalcidique en passant par Athènes et Thessalonique : récit d’une semaine en Grèce
7 jours à vadrouiller sur le sol grec, en empruntant les transports en commun, deux points de chute et un simple aller-retour Sofa-Thessalonique : voici un rapide résumé de mes vacances en Grèce, accompagnée de Clément, début septembre. Pour ceux qui ont lu le récit de mes précédents voyages, je vous vois déjà levant les yeux et marmonnant : qu’allaient-ils faire dans cette galère ? En fait, tout s’est plutôt bien passé, hormis quelques problèmes de téléphone (toujours vérifier ce que l’on écrit dans son petit carnet avant de s’embarquer dans un pays inhospitalier sans borne Internet) et de carte bancaire (ne jamais croire que le seul bankomatic qui existe sur un périmètre de 3 à 10 km fonctionne, ou même qu’il en existe un).
Pour raconter ces 7 jours, il me paraît préférable de faire un récit thématique, bien que respectant – dans les grandes lignes – la chronologie.
Voici donc mon voyage.
- Le trajet :
Bus, bus, et… bus. Vive le bus ! Relativement rapide et confortable – un paradis comparé au train bulgare – un ou deux arrêts pour 6 heures de voyage. Nous l’empruntons de Sofia à Thessalonique, 6 heures, puis de Thessalonique à Athènes, 6 heures également, de même au retour.
Quiconque a déjà pris le bus sait néanmoins que, aussi confortable que paraît le bus, lorsque, étincelant dans le soleil du petit matin, il arrive, balançant nonchalamment sa carcasse de métal sur sa dizaine de roues, il se révèle quelque peu différent quand le sommeil vous surprend. Nous passerons 3 nuits dans le bus (Thessalonique-Athènes, Athènes-Thessalonique, Thessalonique-Sofia). Sur ces trois nuits, je citerai les points négatifs suivants : « 30 ans, toujours puceau » qui crisse malgré mes boules Quiès, une voisine frondeuse aux soupirs sans fin, un monsieur dont le corps, fort respectable au demeurant, aurait dû occuper deux sièges et faisait désagréablement grincer un fauteuil bien trop petit pour lui (Clément : « Mais non, il ne te tombera pas dessus… Mais non, il ne t’écrasera pas… Mais non, tu ne seras pas paralysée… »).
Et les points positifs suivants : la nuit derrière les vitres, quand mes yeux sont embués de sommeil, les lumières alentour, une nouvelle ville qui se profile. La sensation d’être emportée sans effort, de faire de grands pas en dormant. Voyager en somnolant..
- Le couchsurfing :
Voilà un mot qui promettait monts et merveilles : quelle fabuleuse idée que de pouvoir surfer de sofa en sofa dans toute l’Europe et voire plus loin, de sauter dans des draps propres qui ne vous coûtent pas un sou et de découvrir une ville au travers de l’expérience de votre hôte. Preneuse, je l’étais. Avant de partir, j’avais donc posté quelques dizaines de messages et reçu deux réponses, une pour Athènes, une pour Thessalonique.
Le bilan est mitigé : tout d’abord, une première frayeur, à l’arrivée à Thessalonique : sans train ni bus disponible dans l’immédiat (ne jamais prévoir un trajet non booké le jour où les Athéniens rentrent de leurs vacances thessaloniquaises), je suis dans l’obligation de prévenir notre hôte de notre retard – de… oh… une nuit, tout au plus… Mais le numéro que j’ai eu la présence d’esprit d’inscrire dans mon petit carnet ne fonctionne pas : une Grecque me rit au bout du nez. Il me faut appeler mes parents, pour que, munis de mon login et mot de passe, ils piratent ma session couchsurfing et me retrouvent ce fichu doux numéro. Que nenni ! Mes parents sont perdus dans la jungle des symboles, des lettres et des chiffres qui composent mon mot de passe. Mon portable ne fonctionne pas (pensez à garder Frog) et celui de Clément a changé de numéro (les frontières sont un vaste triangle des Bermudes téléphonique).
Moi, devant le téléphone, lisant Glamour - on n'emporte pas le Mankiew en vacances - attendant de pouvoir joindre le couchsurfer.Après moult péripéties de communication, celle-ci se fait enfin entre moi et notre couchsurfer athénien. Nous arriverons le lendemain. Ce couchsurfer est parfait : il nous emmène sur une montagne en moto, nous emmène dîner de délicieux sandwiches grecs, nous désigne les monuments, parcs à voir..
- Athènes :
6 heures du matin, après 6 heures de trajet. Une gare de bus grise et sombre. Nous rencontrons un Grec dans le bus qui nous mène en centre-ville. Il va là où nous allons. Nous le suivons. Il portera ma petite valise dont les roues s’emmêlent sur les pavés du centre historique, en me décrivant Athènes.
7 heures du matin. Nous marchons en sa compagnie, au sortir du métro, vers le tramway. De petits pavés sur lesquels résonnent mes pas. Le soleil est déjà hors de son lit, s’étire. Le ciel s’ébroue. Les couleurs s’avivent : celles des murs, multicolores, celles du ciel, bleu pâle, blanc, celles de la ville, fanées par la nuit, réveillées par le silence qui s’efface. Nous croisons peu de monde. Je m’émerveille.
Sur les monuments, que dire… Une brève émotion au Parthénon, dans la montée vers lequel je mourrai de soif. En rénovation, quel dommage.. Le musée d’archéologie, de belles œuvres ; je sourirai en prenant en photo quelque dieu grec au corps sculpté.
De beaux parcs, dans lesquels nous flânerons.
La mer, la plage aux petits cailloux. Nous y tremperons nos pieds et, riant, regarderons nos pas s’imprimant sur le sable.
Le tramway futuriste.
A voir et à revoir..
- Thessalonique et Chalcidique :
Qui l’eût cru ? Il n’y a pas de plage à Thessalonique. Voici ce que nous annonce notre couchsurfer, à notre arrivée. Il nous faut aller en Chalcidique, à environ une heure en bus.
Après une journée passée à mouiller nos pieds sur les dalles du port et à chercher l’office du tourisme, nous prenons le bus, vendredi matin, direction ? Le billet aller-retour coûte une quinzaine d’euros. Une trentaine d’euros pour deux jours.
Durant le trajet, nous croisons des herbes roussies par le soleil, des oliviers d’un vert tendre. Le bus nous dépose sur une route au milieu de nulle part. Nous marchons, trouvons la plage. Au travers de l’eau, je vois mes pieds. Un régal, n’eussent été les méduses !
Une seule frayeur en Chalcidique : il n’y a pas un seul bankomatic dans tout le village… Heureusement, le restaurant acceptera que l’on retire de l’argent par le biais de leur terminal à carte bancaire !
Le retour du samedi sera un peu mouvementé : le centre-ville étant bloqué pour cause de célébrations, nous marcherons pendant une heure jusqu’à l’appartement et, après avoir pris un sandwich au Starbucks, arriverons juste à temps pour prendre l’avant-dernier bus, un quart d’heure avant le dernier bus.. Non, je n’avais pas consulté les horaires cette fois non plus… Comment, « récidiviste » ?!
Après la douche, la plage. Mais où sont les touristes ? Seuls les Bulgares (sur-)peuplent
cette plage. Communication impossible. Les enfants, jusqu’à 10 ans, courent tout nus, une vilaine baleine brune, nue à l'exception d'un minuscule bas de maillot, me gâche la vue, une affreuse
fillette brise mes tympans. Après le déjeuner, nous changeons de plage. Nous prenons la moins peuplée. C’est aussi celle où il y a le plus d’algues et où la baignade à plus d’un mètre de la rive
est interdite.. Le surveillant ventripotent, vêtu d’un ravissant slip de bain qui dévoile plus qu’il ne cache, siffle toutes les 10 minutes. Un touriste aux cheveux blonds se change
devant moi. Heureusement, mon livre occupe mes yeux. J'enfouis mes pieds dans le sable, ferme les yeux. Le vent me berce.
De retour sur ma
serviette, tartinée des pieds à la tête de crème solaire, je m’apprête à jouir de ce dont elle me protège – lorsqu’une tempête de sable projette ses minuscules grains sur notre peau, nous
fouettant, enroulant nos serviettes, emmêlant nos cheveux, vidant la plage de ses touristes. Riant, nous résistons bravement quelques minutes, puis cédons lorsque la pluie commence. Une douche
glacée suit. Un taxi jusqu’au centre, un gigantesque chocolat chaud, un cinéma (My Blueberry nights) – à la sortie duquel nous achetons chacune une paire de chaussettes, pour le train - un dîner,
un taxi, nos bagages, un taxi, la gare.

En une heure, nous faisons un tour rapide dans la cour, jetons un œil sur les balcons (qui donnent sur des chambres, ainsi que je l’apprendrai plus tard). L’architecture est
impressionnante, cette symétrie donnerait presque le vertige. Nous entrons ensuite dans le monastère lui-même. L’atmosphère est oppressante. L’obscurité est pesante. Nous devons nous couvrir les
épaules et les jambes, des tissus d’un vert sombre sont gracieusement prêtés aux touristes non avertis. Chaque centimètre carré est couvert de peinture, des cierges brûlent tous les quelques
centimètres, des moines passent en nous jetant des regards de lassitude, les fidèles prient, baisent quelque statue, quelque carré de sable. Un sentiment d’extrémisme flotte.
Nous sortons du monastère par l’arrière, nous retrouvons dans une rue pavée où, à la terrasse d’un restaurant, nous avalons une salade en regardant les montagnes. Elles sont vertes, chaque
millimètre carré est couvert d’une épaisse forêt dont les arbres sombres s’élèvent en diagonale. Ce serait apaisant… sans cette imbécile qui fume à côté de nous.
Sortant du métro, je me balade une heure environ.
Konstablerwache est, comme
L'avion à présent : beaucoup moins stressée par le décollage que
durant le premier vol et me trouvant à 2 cm de la sortie de secours, n'ayant donc personne devant moi et le mur pour poser ma tête fatiguée, je me sen
Billets d'avion achetés depuis deux jours. Un poids en moins ! 250€ pour un aller-retour
Toulouse-Sofia, incluant une après-midi d'arrêt à Francfort. J'arriverai à Sofia le 8 juillet vers 23h, ce qui ne m'enchante guère... Je ne sais même pas encore où se trouve mon appartement !
J'espère que l'un de mes futurs colocataires pourra venir me chercher, ce qui m'évitera de baragouiner le chemin à un chauffeur de taxi... en bulgare, bien sûr ;)